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Ubi sunt, 2019

Dans un futur plus ou moins proche, deux femmes tentent de préserver ce qu’il semble rester du monde : la nature, luxuriante mais fragile, leur entente, nécessaire mais précaire. Les menaces qui pèsent sur cet environnement éclatent en conflit intérieur ; gestes et paroles deviennent alors les seuls recours – derniers secours pour retrouver l’harmonie du monde.

L’attention constante, obsessionnelle, apportée à ce lieu en fait un conservatoire où la préservation des plantes, des corps et des sentiments est l’enjeu d’une survivance. Les femmes évoluent sur une ligne de crête où chaque faux pas est une menace de destruction. Le destin du monde s’immisce en effet peu à peu à l’intérieur de cet asile qui est, en ses profondeurs, une prison – espace oppressant, reflet du fond de la conscience.

Ubi Sunt déploie ainsi son motif mélancolique dans un temps menacé par sa propre fin, dans un temps où ce qui se perd tente de ne pas disparaître. Effort fragile, par lequel la serre devient une chambre d’échos d’où résonne un conflit qu’un langage inarticulé tente de traduire, laissant place à l’incompréhension. Drame de la parole, Ubi Sunt retrouve un temps où la langue n’avait pas encore de forme, et où les émotions apparaissaient nues. Dans un éternel recommencement, le monde en sa fin retrouve ses formes primitives.

Aux bouches inutiles restent pourtant le chant, chant primordial et évocatoire, duquel surgit un espace autre, dernier refuge de l’illusion.

Actrices : Gaëlle Ménard et Charlotte Khouri

Image : Valentine Franc, Léa Guintrand | Musique : Yma Sumac – Chuncho | Sound designer : Vincent Henon | Prise son : Samuel Lecocq | Accessoires : Lorette Colé Duprat | Régie : Fériel Boushaki, Basile Pallas | Doublure Lumière : Sarah Nefissa Belhadjali | Montage : Antoine Granier, Garush Melkonyan