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The Italian Method, 2016

“The Italian Method” utilise un diptyque de deux écrans pour mettre en scène la confrontation d’un «lieu» et d’un «non-lieu» (visuel et métaphorique).

Le titre fait allusion à la technique d’enregistrement sonore largement adoptée par le cinéma italien d’après-guerre pour réduire les coûts avec des acteurs ayant à enregistrer de nouveau les dialogues dans un studio. Une technique similaire a été utilisée ici, mais le son a été enregistré à partir de l’image de la bibliothèque, et l’acteur a dû mimer ses propres paroles improvisées dans l’image au décor vide.

La désynchronisation généralisée du dispositif (du son, de l’image, des écrans et du mouvement) perturbe le fil de la narration et crée ainsi un espace de réflexion sur la restitution du souvenir et du monde disparu qu’il convoque, sur l’usage de la parole, les techniques d’enregistrement qui tentent de les restituer. Les différents effets de décalage mis en scène exhibent les limites de la représentation qui ne peut être que désynchronisée par rapport au temps de l’événement dont elle souhaite rendre compte, mais aussi les limites d’un médium caractérisé par l’illusion qu’il propose au spectateur. Les frontières, dès lors, s’estompent et brouillent les cadres de la parole et de l’action, de la mémoire et de sa retranscription, de la personne et du personnage, de la réalité et de la fiction.

Ce memento mori invite le spectateur à reconnaître les failles esthétiques de la reconstruction du réel.

 

Actrice : Linda Martinez | Caméra : Simón García-Miñaúr | Assitante : Luska Khalapyan